Enseignants épuisés, dégoûtés et élèves malmenés. Comment les aider ? Que pensez-vous de cette courte proposition ?

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Les enseignants expriment leurs insatisfactions tous les jours un peu plus, et ils nous le font partager.

Les autorités scolaires se montrent graduellement plus autocratiques.

L’absentéisme professoral augmente sans cesse.

Les décrochages scolaires croissent.

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Le cadre pédagogique des élèves de l’école obligatoire se comporte comme une eau stagnante ; qu’est-ce qui cause son inertie depuis des décennies ? Les élèves en échec demeurent parmi ceux qui doublent le plus d’Europe depuis au moins les années 1960, aujourd’hui ils sont n°1.

Actuellement, leurs heures d’apprentissage à l’école diminuent un peu plus chaque année, grèves par-ci, professeurs absents par-là. Impuissants, ils ont vu leur année scolaire s’allonger de 15 jours, les parents s’étant couchés devant ce sabotage des grandes vacances, ce sabotage de la liberté d’avoir certains de leurs enfants dans des écoles flamandes ou internationales, notamment ; a priori, les 2 semaines de congés déplacées pendant l’année scolaire n’empêchent pas l’absentéisme professoral d’augmenter, comme d’ailleurs la non-réussite scolaire des élèves.

Il y a depuis quelques années une augmentation importante du nombre de personnes qui ne sont pas ou plus dans les classes à enseigner aux élèves, une vraie inflation galopante : organismes de formation pour les enseignants, pôles territoriaux (https://www.wbe.be/polesterritoriaux/), autres équipes censées aider les élèves, enseignants détachés, professeurs en mission, équipes « d’accrochage scolaire », etc. Cette augmentation semble corrélée avec celle de la détérioration croissante du métier d’élève et du métier d’enseignant. Un cercle vicieux !?

De tout cœur, j’espère que sous cette pression, et aussi celle exercée par l’IA, les parois de l’aquarium (métaphore de l’école obligatoire) laissent enfin passer les facteurs indispensables à sa profonde rénovation. L’enseignement rénové développé dans les années 70 fut un flop, comme l’est d’ailleurs le pacte pour un enseignement d’excellence (https://pactepourunenseignementdexcellence.cfwb.be/) tous deux ayant coûté très très cher.

Les « bonnes » pédagogies et didactiques indispensables à toute amélioration existent depuis les années 1970 au moins, elles ont été validées et fidélisées depuis longtemps par des systèmes scolaires étrangers, en Scandinavie, au Canada, aux Pays-Bas, notamment, mais également par certaines écoles internationales, les écoles dites à pédagogie ouverte, et des services universitaires, à l’époque, dirigés par Louis d’Hainaut à Mons, Louis Vandevelde à Bruxelles, Gilbert De Landsheere à Liège, notamment.

Évidemment, ces systèmes, ces écoles, ces pédagogies ne sont pas parfaits, mais les élèves y sont plus heureux, plus respectés, mieux aidés. Dans les pays qui appliquent ces principes pédagogiques, la réussite scolaire s’y avère tellement meilleure, que des centaines de millions d’euros sont économisés tous les ans (ceux que l’on dépense chez nous, annuellement, pour assurer les redoublements), argent qu’ils peuvent investir au bénéfice de l’encadrement des élèves ET de l’aide aux professeurs. Un cercle vertueux !?

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L’enseignement belge francophone s’améliorera (passer d’un cercle vicieux à un cercle vertueux) aux conditions suivantes :

  • Remplacer l’évaluation sommative, dont les examens, les CEB, CE1D par une évaluation formative continue mutuelle.
  • Dépolitiser le plus possible notre système scolaire. Les politiques cassent tout ce qu’ils y touchent.
  • Créer un seul organisme, le plus dépolitisé possible ; sa structure valorisera le statut des élèves et des enseignants. Deux sous-ensembles y seraient développés. L’un, destiné à aider les élèves ET l’autre, les professeurs, ces deux structures seraient composées de professionnels compétents : psychologues spécialisés, psychopédagogues et (ortho)pédagogues expérimentés, logopèdes, psychiatres spécialisés, etc. Les structures comme les centres PMS, pôles territoriaux, accrochages scolaires, organismes de formation des enseignants seraient remplacés par ces deux sous-ensembles qui absorberaient les professionnels qui y travaillent, dans la mesure de leurs formations et compétences.

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D’abord,

  • optimiser les classes, priorité à un encadrement professoral optimum. Plus d’enseignants pour moins d’élèves par classe ;
  • revoir la pédagogie, la didactique et l’évaluation ;
  • reconstruire les programmes en conséquence de la nouvelle pédagogie collaborative avec son évaluation formative mutuelle continue et aussi en conséquence de l’évolution des matières, des technologies.

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En conséquence de ces trois changements

  • construire les deux sous-ensembles, l’un au bénéfice des élèves et donc de leur famille, mais également de leurs professeurs et l’autre au bénéfice des enseignants et donc de leurs élèves,
  • élaborer la structure administrative.

Je n’ai rien inventé, les éléments de ma proposition existent déjà depuis longtemps.




Cette proposition se base sur 50 années d’expérience, dont celle d’enseignant (auprès d’élèves du primaire, du secondaire, de l’universitaire), de psychologue, de formateur, d’(ortho)pédagogue, de psychopédagogue, de thérapeute, d’animateur d’activités socioculturelles, de moniteur de sport. Ce détail pour vous faire bien comprendre que mon point de vue est pluri et transdisciplinaire et indépendant de l’école obligatoire.

Le Centre de Réussite scolaire (https://centredereussitescolaire.be, centre que j’ai créé en 1986, par son indépendance, et sa pluridisciplinarité s’avère un observatoire unique qui base son travail sur le fil rouge suivant : « Qu’est-ce qui est le mieux pour le jeune qui nous consulte, pour sa famille et en conséquence pour le jeune apprenant en général ? ». Fil rouge de ma proposition de restructuration de notre école obligatoire. Sa consultation s’avère la base de ma réflexion.




Les obstacles pérennes à toute amélioration de notre enseignement obligatoire :

  • La culture scolaire. Les professeurs reproduisent la pédagogie qu’ils ont vécue, élève, et ils n’ont d’autre choix que de se formater à l’école où ils travaillent, sous peine de dépression.
  • Plus un usager professionnel de l’école se positionne en haut « de l’échelle », plus il est formaté à perpétuer notre culture scolaire, aussi nuisible soit-elle. Le ministre subit la même loi, évidemment.
  • La majorité des parents attendent de l’école ce qu’ils ont connu.
  • Les autorités scolaires, à chaque proposition de rénovation, depuis plus de 60 ans, commettent la même erreur systémique, celle de ne pas respecter la règle fondamentale suivante : « Un système dysfonctionnant ne peut être réparé, rénové, par les professionnels de ce système, puisqu’ils assurent son dysfonctionnement ». Une des raisons pour lesquelles une entreprise privée importante paie le service d’un audit externe pour évaluer le plus objectivement possible son propre fonctionnement.