Ce qui est utile et heureux de savoir au sujet de l’élève dit « dys »

Lexie, graphie, orthographie, praxie, phasie, calculie, etc. :
Dys (douleur, peine) ou Dis (différence)

« Et cette maladie qu’était l’amour de Swann avait tellement multiplié, il était si étroitement mêlé à toutes les habitudes de Swann, à tous ses actes, à sa pensée, à sa santé, à son sommeil, à sa vie, même à ce qu’il désirait après sa mort, il ne faisait tellement plus qu’un avec lui, qu’on n’aurait pas pu l’arracher de lui sans le détruire lui-même à peu près tout entier : comme on dit en chirurgie, son amour n’est plus opérable. » (Marcel Proust, extrait de « Du côté de chez Swann »).

Marcel Proust exprime merveilleusement les effets d’un trouble affectif, ici amoureux sur toute la personne. Imaginons par analogie les effets d’un trouble cette fois spécifique d’apprentissage ou d’une grande force cognitive, sur le développement psychologique affectif et cognitif d’un apprenant ; il se construit avec ses forces et faiblesses, il réussit plus ou moins à les apprivoiser. Mais ôtons-nous l’idée de lui (faire) enlever une telle faiblesse, un tel déficit comme on retire une partie ratée d’un ensemble. Un trouble spécifique d’apprentissage (TSA) donc lié par essence au développement biologique du jeune,comme un déficit de l’attention, de la lecture, de la structuration spatiale, de l’écriture, du raisonnement verbal, etc., perturbe l’enfant dans tout son épanouissement ; lui et ses parents ne sont donc pas responsables des causes de ces déficits, mais bien de leurs conséquences. Les personnes qui en sont victimes doivent bénéficier d’une remédiation. Il en va de même pour la myopie par exemple.

Ces déficits chez l’autre, souvent nous dérangent d’une façon ou d’une autre, nous qui n’en sommes pas directement affectés. Soyons conscients de notre désir de ne pas en être importunés par cet « autre », de notre difficulté à l’accepter, surtout s’il cumule des « dys », et reconnaissons son besoin de progresser harmonieusement dans un environnement qui le respecte tel qu’il est.

Comprendre un apprenant en difficulté, et l’aider concrètement c’est respecter la façon dont il s’est construit au plus profond de lui-même avec ses forces, faiblesses, carences, expériences, plaisirs et déplaisirs. L’aidant n’est pas là pour extirper l’un ou l’autre défaut, mais pour guider un être en devenir à continuer à s’ériger en respectant ses ressources constitutionnelles.

Un dyslexique développe une pensée façonnée aussi en conséquence des particularités de son déficit ; l’aidant doit donc connaître la définition de cette pathologie cognitive et aussi comment elle affecte le jeune concerné.

A priori, nous ne savons pas mieux que lui ce qui lui convient, nous l’accompagnons pour l’amener à remédier à des problèmes que lui définit au fur et à mesure de la guidance.

En conséquence, l’évaluation diagnostique pluri et transdisciplinaire de ses ressources d’apprentissage est envisagée comme un service à rendre à un élève afin de l’aider dans son bon développement cognitif et affectif. (lire : https://centredereussitescolaire.be/2019/02/18/evaluer-leleve-pour-apprecier-ses-ressources-dapprentissage-avec-discernement/). Nous, thérapeutes, devons promouvoir une représentation convergente des compétences du jeune, au plus proche de la réalité (réalité inaccessible par définition).

« L’école classique » exige de ces apprenants « dys » d’emmagasiner, de maîtriser le même programme scolaire sur une même période et à travers la même didactique à peu de choses près que ses condisciples. C’est totalement impossible à réaliser ! Souvenons-nous de l’article https://centredereussitescolaire.be/2019/03/03/soyons-justes-quand-nous-accusons-un-eleve-dincompetence/. Les méthodes proposées sur notre site ont été validées par de nombreux élèves dys (https://centredereussitescolaire.be/2019/12/04/27-aides-et-informations-en-vue-des-examens-et-de-la-fin-du-trimestre/

« Et cette dys qu’était la dyslexie ‘’d’Apprenant’’ avait tellement multiplié, elle était si étroitement mêlée à toutes les habitudes ‘’d’Apprenant’’, à tous ses actes, à sa pensée, à sa santé, à son sommeil, à sa vie, même à ce qu’il désirait après sa mort, il ne faisait tellement plus qu’un avec elle, qu’on n’aurait pas pu l’arracher de lui sans le détruire lui-même à peu près tout entier : comme on dit en chirurgie, sa dys n’est pas opérable. »

Merci pour votre attention

L’équipe du Centre de Réussite Scoaire