L’orientation scolaire et son incertitude

Plutôt que de répondre aux questions légitimes de l’élève et de ses parents, « quelle orientation prendre, qu’est-ce qui est le mieux, pour quel métier, quel domaine est-il fait ? », en tant que professionnels pensant transdisciplinarité, nous vous proposons d’aborder l’orientation scolaire sous un autre grand-angle.

Quelle est l’histoire de vie de cet apprenant qui nous consulte avec ses parents (vie intra-utérine, naissance, petite enfance, fratrie, parentalité, santé, événements marquants, etc.) ? Quelles sont ses caractéristiques d’apprentissage, ses ressources cognitives et instrumentales (lecture, orthographe, écriture, méthode de travail, concentration, etc.) ? Quel est son vécu scolaire, quelles expériences de la réussite possède-t-il (une activité extrascolaire aimée et le mettant en valeur importe autant que sa réussite scolaire) ? Quelles sont les attentes de ses parents dans un sens très large ?

Ces questions non exhaustives constituent le préalable pour toute orientation scolaire que l’apprenant soit en maternelle, primaire, secondaire ou supérieur. Ensuite selon son âge, nous envisageons ses goûts, et ce qu’offre la structure scolaire, maintenant, au moment de la consultation.

Nous proposons alors des solutions totalement individualisées lors d’un entretien familial d’une heure et dans un rapport écrit très complet. Une telle démarche apporte aussi une explication sur les causes éventuelles de problèmes scolaires, ou d’apprentissage. Il s’agit d’offrir en plus les garanties d’une psychothérapie brève1, car on touche au plus profond de la personnalité de l’élève et de sa représentation auprès de ses proches.

Un tel travail exige minimum 9h pour l’équipe qui est pluridisciplinaire, plus de la moitié se déroule en présence de l’élève (environ 4h), de sa famille (2h). Certes, une partie des tests peut avoir été faite, c’est régulièrement le cas pour les élèves victimes de troubles d’apprentissage, c’est du temps gagné.

Le coût d’une telle approche se monte environ à 60 euros (honoraires moyens d’un professionnel) fois 9, au minimum, soit 540 euros. Ce coût sera plus ou moins assumé par la famille de toute façon, qu’elle passe par un centre de guidance, un hôpital, un centre PMS, un centre pluridisciplinaire privé, il faut payer les professionnels. Les mutuelles interviennent modérément.

Le prix d’une mauvaise orientation, celle qui amène trop souvent au redoublement scolaire, se monte au moins à 30 000 ou 40 000 euros à court, moyen et long terme ; l’élève est un an de plus à la maison, à l’école, notez que s’il est en supérieur cela peut coûter 10 mois de loyer en plus, sans oublier l’année de travail qu’il n’aura peut-être pas exécutée (pas de taxes, ni de charges sociales, ni d’impôts, pour l’état, et moins d’argent pour l’économie en général et pour l’apprenant en particulier) du coup.

Toutefois, pour nous la sanction principale d’une mauvaise orientation scolaire est la blessure narcissique, psychologique que l’élève et ses proches subissent.

Nous pensons que c’est la famille, le jeune, qui doivent faire cette démarche importante, qu’est une orientation scolaire. Penser que c’est l’autre (l’école, les institutions subventionnées) qui doit l’assurer est une mauvaise illusion.

L’avenir est une incertitude, plus l’élève et ses proches auront une représentation riche et convergente des caractéristiques de cedit apprenant, plus la voie empruntée lui conviendra, lui apportera de la réussite, donc du plaisir, donc de la motivation. Réussir les tâches scolaires en sentant que c’est bien soi qui progresse, qui les maîtrise de mieux en mieux, c’est apprendre à dompter l’incertitude en soi, en faire une compagne.Ce n’est pas vers où aller qui importe ici, mais bien aller.

Comme je chemine, je me découvre, comme je me découvre, je m’oriente selon mes réussites, mes plaisirs, mes forces, mes envies et mes contextes de vie.

L’équipe


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.