L’après-pâque, période à risque pour le décrochage scolaire

Voici un heureux décrochage, parce que ce jeune grimpeur se sait en sécurité, et aussi qu’il continuera à aller plus haut.

La dernière partie de l’année scolaire arrive, les élèves du secondaire en difficulté ont fourni en grande majorité de grands efforts d’adaptation, ils sont souvent fatigués, usés par un travail peu enrichissant, qui rapporte surtout des reproches, des sentiments d’incompétences. Face à eux des enseignants fatigués, stressés, ils doivent terminer d’inculquer le contenu d’un programme peu respectueux des ressources d’apprentissage, nous pensons surtout aux cours de sciences, mathématiques, néerlandais. Ils savent que pour beaucoup ce sera du bourrage, forçage, puis il faut se précipiter dans une période d’examens qui en dehors de diminuer le temps d’enseignement, de mettre les étudiants dans une situation d’évaluation détestable (les examens de juin), augmente énormément le nombre d’échecs et mat. Rappelons que nous sommes à peu près le seul pays d’Europe à pratiquer une évaluation malheureusement certificative, aussi inadaptée. Cesdits professeurs se montrent en conséquence plus intolérants aux élèves qui les renvoient à l’échec de leur propre enseignement, d’où l’augmentation des reproches, des punitions, renvois du cours, retenues, etc. Bref, cette période renforce les fondements du décrochage scolaire belge francophone.

Que pouvons-nous faire, nous, usagers de l’école, pour contribuer à ce qu’un.e jeune élève, un.e étudiant.e ne se sente pas un jour tant exclu.e d’un tel système scolaire, qu’il ou elle lâche prise ? Respecter les ressources d’apprentissage de l’apprenant est une règle de base, aussi logique que peu respectée. Comme déjà nous l’avons déjà démontré, « On ne demande pas à un élève, encore et encore, ce qu’il ne peut pas donner ! » (Voir https://centredereussitescolaire.be/2018/10/11/troisieme-article/)

L’image ci-dessus représente un heureux décrochage, parce que ce jeune grimpeur se sait en sécurité, et aussi qu’il continuera à aller plus haut. Malheureusement, la réalité de nos écoles fait que l’échec personnel ne bénéficie pas de l’assureur, ce partenaire qui tient cette corde qui permet le décrochage sans risque et qui bénéficie à la progression du binôme.

– Rappelons-nous

Un des messages éducatifs les plus fondamentaux veut que nos enfants entrent dans le monde adulte, les mieux armés possibles. Si les obstacles qu’ils rencontrent au cours de leur vie d’élève leur deviennent insurmontables, les adultes qui s’occupent de ces apprenants sont alors confrontés au non-respect de ce message et à la peur de ne pas avoir fait ce qu’il faut pour bien les préparer. Cette crainte, souvent inconsciente, génère des tensions internes et des conflits importants, entre les personnes. Le décrochage scolaire peut avoir pour bénéfice la remise en question du développement de l’élève et aussi d’amener son environnement à reconsidérer son propre point de vue. (Voir https://centredereussitescolaire.be/2019/01/22/les-avantages-que-peut-apporter-un-probleme-scolaire-quempeche-t-il-que-permet-il/)

Signes d’abandon, au moins en partie, par l’élève, de son activité scolaire :

  • Chez l’élève, un refus ou un oubli systématique d’exécuter ses travaux scolaires, des absences régulières motivées ou non, par des troubles du comportement, des échecs récurrents aux interrogations.
  • Chez les parents, un manque de suivi, volontaire ou non, de la vie scolaire de leur enfant, des réactions exprimant un grand désarroi.
  • Chez les enseignants, une mise à l’écart fréquente de l’étudiant, son renvoi de la classe ou de l’école.

Les signes d’abandon sont à considérer au cas par cas, grâce notamment à ces questions : 

  • Qu’est-ce qui me fait penser qu’un décrochage est possible ? 
  • Quels sont les points de vue de l’enfant, des parents, des autres intervenants ?
  • Qu’est-ce que ces difficultés entraînent pour l’élève et son entourage ?
  • Comment l’élève vit-il ses difficultés ?

L’article suivant vous offrira un questionnaire plus fin d’évaluation du risque de décrochage scolaire. Chacun de nous sait contribuer au bien général de nos enfants, des élèves.

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