Écoutons la parole de l’étudiant.e, ce qu’elle ou il peut nous dire ou conseiller pour améliorer sa réussite scolaire!

À lire ou/et à écouter
Info-audio 8
:

Quelle belle décision prise par les autorités de l’enseignement public ce 3 mai 2021 d’annuler les examens de juin (sauf CEB, CE1D et 6è secondaire, malheureusement) ! Elle est heureuse, bienveillante, parce que les conditions d’apprentissage scolaire n’ont jamais été « aussi pires », parce que la majorité des adolescent.e.s est empêchée plus ou moins fort d’école depuis mars 2020. Rappelons que les pays voisins NE PRATIQUENT PAS les examens, ni à Noël, ni à Pâques ni en juin, sauf pour sanctionner la réussite du secondaire.

Pourquoi maintenant ?

Profitons de ce moment particulier pour OFFRIR la parole aux élèves ! Par exemple en leur posant quelques questions du type : « Qu’est-ce qui est difficile pour toi ? Comment vis-tu le confinement et l’école depuis mars 2020 ? Comment les professeurs t’enseignent-ils en « distanciel » ? Est-ce que tu trouves que les examens de juin ou de Noël t’aident à apprendre les cours, à progresser ? Que proposes-tu pour te sentir mieux apprendre ? »

Preuves

Nous sommes début mai 2021, et comme je tape ces mots-clés sur des moteurs de recherche : « Professeur ou enseignant qui écoute l’élève », j’obtiens très très peu de résultats, en revanche, si je tape l’inverse, « Élève écoute professeur », plein de liens apparaissent ! Ceci confirme la pertinence de cet article. Il n’y a pas de faute, c’est une règle culturelle. L’adulte ne donne pas (assez) la parole aux jeunes, l’enseignant le fait encore moins ; il n’a pas appris à le faire. Il ne l’a (sans doute) pas expérimenté, s’il a été élève dans une école classique, bien « de chez nous ». La semaine passée, avant la sage décision d’annuler les examens de juin, sauf les CEB, CE1D et 6è secondaire, malheureusement, un journaliste de la RTBF a interrogé les élèves d’une classe d’adolescent.e.s : « Qui souhaite les examens en juin ? », 9/10 sont contre. Leur professeur, à cette même question, répond « c’est important de les faire » ! Une école secondaire réalise la même enquête, les élèves, ici des centaines, répondent en grande majorité « non » à ces examens, la majorité des professeurs « oui », donc la direction a maintenu les examens (vont-ils changer d’avis, vu la réaction bienveillante de l’enseignement public ?) ! Une minorité petite écrase la majorité, ici très grande.

Est-ce justifié de les laisser parler ?

Quoi ? me direz-vous ! Mais en principe, ce ne sont pas les élèves qui dictent les choses à faire à l’école ! Pourquoi alors écouter les enfants de la maternelle au secondaire, ce n’est pas au programme ?

Aux questions proposées plus haut, prenant l’avis des étudiants, ici de la3è à la 6è secondaire, tous les jeunes qui nous ont consultés soulignent qu’ils ne veulent pas des examens en juin, qu’ils préfèrent que les professeurs continuent à leur enseigner les matières. Tous ont exprimé une peur de rater l’année, qu’ils se sentent mal apprendre.

Notre métier de thérapeute est justement d’écouter, de comprendre la perception que le jeune a de sa vie d’élève, de ses enseignants, de son présent, passé, futur, etc. Nous pouvons affirmer avec certitude que leur permettre de répondre à ces questions posées plus haut ET d’en tenir compte, facilitera leur réussite scolaire ET l’efficacité des enseignants qui les écouteront.

Encore des arguments

Notre expérience nous montre depuis 45 ans, que les professeurs, les écoles, les cultures scolaires qui écoutent et tiennent compte de la parole des élèves, même en maternelle, offrent un enseignement où les usagers (élèves, parents, enseignants, etc.) sont plus heureux, des élèves plus autonomes, et le doublement y est vraiment rare. Cela étant, ces jeunes réussissent au moins aussi bien leurs études supérieures que les étudiants « bien de chez nous ».

Jamais il n’a été aussi vital de les écouter, de leur donner la parole, d’entendre les représentations qu’ils ont des difficultés qu’ils éprouvent, de ce qu’ils peuvent nous proposer pour les aider. Ils sont les premiers acteurs de leur propre réussite scolaire, il est de notre responsabilité de les y responsabiliser positivement, constructivement. Faisons leur confiance, nous le méritons !

RAPPELONS-NOUS : DIDACTIQUE POSITIVE donc individualisée + ÉVALUATION FORMATIVE CONTINUE => PÉDAGOGIE ANTIDÉPRESSIVE

Harcèlement psychologique et pédagogique assuré par certains enseignants ?

La décision heureuse et bienveillante des autorités de l’enseignement public d’annuler les examens au secondaire en juin comme cité plus haut n’est pas reprise par l’enseignement catholique (pour le moment), leurs écoles semblent libres de les imposer ou pas. Une injustice manifeste ; des adolescents sont injustement traités différemment, c’est une grave discrimination. Déjà, des parents nous ont dit à quel point ils en sont indignés, leurs enfants devant revoir la matière depuis janvier, voire septembre, sans considération des très mauvaises conditions d’apprentissage assurées par cesdits enseignants, même si c’est malgré eux ! On peut parler ici de harcèlements psychologiques et pédagogiques inacceptables. Parents, vous devez défendre vos enfants s’ils sont victimes de ces examens, vous en avez le droit, le devoir. Refusez cette situation nuisible en vous informant sur le plan juridique ! Un.e étudiant.e déprimé.e, épuisé.e, surmené.e ne doit plus aller à l’école, c’est son droit, comme pour l’adulte ; le médecin de famille doit être consulté. Il faut écouter nos jeunes.

Didier Bronselaer

Si vous avez une question qui vous préoccupe et si elle concerne les apprentissages, l’école, vous pourrez trouver des réponses (accès gratuit), en cliquant sur https://centredereussitescolaire.be/2020/02/24/plusde30-reponses-professionnelles-developpees-a-partir-des-uestions-qui-nous-sont-posees-depuis-30-ans/

Le Centre de Réussite Scolaire par sa grande indépendance, son type de consultation pluri et transdisciplinaire, et ses 35 ans d’expérience s’avère idéalement placé pour vous informer sur ce qui favorise ou défavorise la réussite scolaire, le bonheur d’apprendre des élèves des plus petits aux plus grands.


Une réflexion sur “Écoutons la parole de l’étudiant.e, ce qu’elle ou il peut nous dire ou conseiller pour améliorer sa réussite scolaire!

Les commentaires sont fermés.