C’est celui qui explique qui comprend, bien plus que celui qui écoute

Comment savoir si j’ai compris et comment m’y prendre pour comprendre ?

Comme « pré-cadeau » de Noël, de (trop) nombreuses écoles ont suspendu leur enseignement, cool direz-vous, malheureusement non ! Elles l’ont remplacé par la pire des évaluations, la sommative qui peut appauvrir n’importe quel élève en points, au point de l’humilier, de gâcher son Noël. En attendant qu’élèves et parents s’opposent à cette nuisance, autant, si possible, améliorer sa façon d’étudier en vue du trimestre prochain.

Voici un principe de base de toute méthode de travail qui favorise avant tout la compréhension d’un sujet étudié, comprendre étant défini comme « accéder au sens par soi-même ».

L’explicitation de la matière favorise la compréhension par soi-même, voici la définition et les avantages.

Principe : C’est celui qui explique qui comprend, plus que celui qui écoute.

L’explicitation consiste ici à identifier, décrire ses démarches cognitives, ses façons d’étudier, sa méthode de travail, ou à expliquer des contenus de cours dans l’intention de les faire comprendre à un autre ; le but restant bien sûr de les maîtriser. Le plus pratique est de le faire oralement avec un tiers réel ou imaginaire, en jouant au professeur.

Les avantages reconnus sont les suivants :

  • L’apprenant saisit ce que signifie comprendre par soi-même.
  • Il associe l’espace (manipuler la matière) et le temps (préparer un petit discours puis le prononcer).
  • Quand il essaie d’expliquer d’abord la matière de mémoire, puis à l’aide de références externes, il favorise sa compréhension du sujet étudié et il voit où il en est (autoévaluation).
  • L’apprenant reconnaît plus facilement ses erreurs et ses réussites comme lui appartenant.
  • Il dédramatise son sentiment d’incompétence. « Je ne pensais pas en savoir autant ! »
  • Cette formulation personnelle orale qu’est l’explicitation promeut la prise de parole par le jeune, la prise de conscience de la valeur de sa parole, notamment face à un adulte sur lequel il projette de grandes connaissances ou compétences scolaires. En guidance, après quelques semaines de cette pratique, la majorité des élèves qui ont du mal à s’exprimer ont développé une meilleure expression orale.
  • Normalement, quand il explicite, l’élève se pose des questions, se concentre facilement, se calme, comme c’est souvent le cas lorsqu’il est amené à réfléchir dans un but clair et précis.

Comment faire ?

L’explicitation (expliquer pour que l’autre comprenne) de la matière peut se pratiquer seul, avec l’appui d’un condisciple (à tour de rôle) ou d’une personne plus âgée.

Après un temps de préparation mentale, de mémoire, l’élève tente d’expliquer un sujet à maîtriser. La mise par écrit de mots ou idées clés avant ou pendant l’exposé soutient efficacement la pensée. L’aidant essaie de ne pas interrompre l’apprenant même s’il commet des erreurs. Ensuite, le jeune vérifie son explication, seul, en se référant à la théorie (le cours, un livre, etc.). L’aidant peut alors lui demander de justifier l’un ou l’autre point de matière qui semble peu clair. Exemple : « Qu’est-ce qui te fait penser que longueur fois largeur donne l’aire du trapèze ? Peux-tu montrer où c’est écrit dans ton cours ou le démontrer à l’aide d’un trapèze ? »

– Je prépare mon explication en notant les idées ou mots-clés, des schémas ou dessins, comme je veux. Ensuite, j’explique tout haut, de mémoire, de quoi parle la matière à étudier et ce que je peux en dire dans l’idée d’aider un condisciple. Peu importe si j’éprouve des difficultés de compréhension ou si je pense avoir presque tout oublié, l’important est d’essayer.

– Je complète ensuite mes commentaires à l’aide de mon cours, de livres, etc. Je recours à des schémas dès que possible pour développer l’explicitation. J’écris les notions clés pour améliorer mon analyse.

– Si la matière comporte des exercices, j’explique oralement comment en résoudre un, le plus précisément possible. Cette activité peut aussi s’appliquer à partir d’un contrôle raté.

– À partir d’une définition, d’un dessin, d’un tableau, d’une formule : J’explique ce que je vois et j’essaie de représenter cette définition par un dessin, un schéma ?

À NE PAS OUBLIER pour garder la forme en vue d’un contrôle, d’un examen !

  • Bien dormir
  • Bien manger, éviter les sucres rapides, prendre un bon petit déjeuner, se munir d’aliments qui favorisent la concentration et les prendre pendant la journée (voir avec le pharmacien, médecin, diététicien)
  • Un élève qui s’alimente bien répondra mieux aux contrôles et donc aura de meilleurs points. Mal nourri ou fatigué, il peut récolter un 45% alors qu’il aurait eu au 55% bien concentré, c’est démontré largement.

Ne jamais aller à un examen ou à un contrôle si on ne se sent pas bien! Comme les adultes, dans ce cas, l’élève va chez le médecin, il a droit à un certificat médical. Y aller alors qu’on se sent malade, indisposé n’est pas du courage, mais de l’inconscience. L’école a priori ne fait pas de cadeau.


RAPPEL

Les effets des confinements, de l’enseignement hybride, de 2020 à 2022, de l’absentéisme des professeurs encore très élevé, continuent à

  • déstructurer le cadre scolaire,
  • à démotiver les élèves,
  • à éluder des pans de matière, ce qui provoque des acquis lacunaires qui polluent la maîtrise des matières par les apprenants.

Force est de constater que de nombreux professeurs n’en tiennent pas compte et font comme si rien ne s’était passé et mettent sur le dos de leurs élèves l’obligation de rattraper la matière. Réfléchissons donc avant d’accuser les élèves de ne pas avoir assez travaillé, de ne pas se montrer motivés.

Si vous avez d’autres sujets qui vous préoccupent et s’ils concernent les apprentissages, l’école, vous pourrez trouver des réponses (accès gratuit), en cliquant sur https://centredereussitescolaire.be/2020/02/24/plusde50-reponses-professionnelles-developpees-a-partir-des-questions-qui-nous-sont-posees-depuis-30-ans/

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