Premier bulletin, premiers chagrins ? 15 jours pour s’en remettre ?!

PRÉALABLE

Cet article n’aborde pas les raisons indépendantes des professionnels de l’enseignement, celles qui elles aussi aggravent la qualité du suivi des parents, notamment. Pensons à la dégradation importante de leurs ressources socio-économiques, à l’anxiété toujours plus envahissante qui affecte tant les adultes que les adolescents, voire les enfants, générée par les guerres en cours, etc.

Les programmes s’avèrent particulièrement non adaptés aux ressources d’apprentissage des élèves. En 2è secondaire et en 6è primaire, la perspective d’un échec sévère si le jeune n’obtient pas au moins 60% au CE1D ou CEB, pollue l’ambiance encore plus, sans compter que cette peur inhibe la bonne exploitation de l’intelligence. Voir le court article : https://centredereussitescolaire.be/2026/09/20/ceb-ce1d-cle-examens-de-juin-de-noel-interrogations-cotees-etc-ou-lillusion-de-la-mesure-et-ses-nuisances-psychologiques/

L’arrivée des 15 jours de vacances d’automne avec son « il faut remplir le bulletin » amène un supplément d’évaluations sommatives imposées en même temps, jusqu’à 3 ou 4 un même jour.

Ce bulletin n’évalue pas les efforts fournis par l’élève. Que de fois ne voyons-nous pas en consultation des élèves très courageux et très découragés par leurs échecs, alors qu’ils fournissent bien plus d’efforts que la moyenne, ils ne sentent pas reconnus dans leur travail, ni respectés par les évaluations sommatives.

Clin d’œil : « Pas de bras, pas de chocolat ; pas de bons points, pas de compliments ! »

Sachez que les écoles européennes, il y en a 5 à Bruxelles (au moins 13 000 élèves) interdisent que les élèves subissent plus d’un contrôle par jour, elles ne pratiquent pas de CLÉ, CEB, CE1D, ou d’examens à Noël, à Pâques, ou en juin, à part le « bach ». Comme ces écoles sont riches de cultures scolaires plus respectueuses de l’intelligence des élèves, elles savent bien à quel point de telles évaluations sommatives s’avèrent aussi nuisibles que mal pensées. Ce n’est pas étonnant que leurs élèves bénéficient d’une meilleure réussite scolaire. Pour rappel, depuis des décennies, l’école obligatoire belge francophone s’avère en moyenne, la pire d’europe (et au-delà), surtout vu les grands moyens financiers investis.

PROPOSITIONS ET CONSEILS CONSTRUCTIFS

Premiers conseils ou réflexions

  • La première victime d’un échec est le jeune apprenant. Il a besoin d’être compris, de se sentir aidé dans la réaction à avoir pour résoudre ce problème. Rappelons que plus de 85% des élèves qui rencontrent des échecs importants sont victimes de difficultés liées à leur développement cognitif, à leur maîtrise du langage écrit (lecture, écriture, orthographe), ou de leurs mémoires (court, moyen, long terme, mémoires de travail). L’un n’empêche pas l’autre !
  • Il importe d’analyser la production de l’élève, faire le lien entre le type de questions et la façon dont l’élève a étudié la matière. Pensez à conserver une copie, vous constituez ainsi un capital de questions sur lequel le jeune peut s’appuyer pour revoir le cours, pour améliorer sa méthode de travail (voir le point suivant).
  • Si l’élève, ses proches ne comprennent pas pourquoi ça ne va pas, il est difficile d’agir.
  • Les remédiations ou ateliers proposés au sein de l’école, les écoles de devoir, le coaching scolaire ne constituent PAS une approche diagnostique. En commençant par ce type d’aide, nous postposons le bilan professionnel que mérite tout élève en réelle difficulté, et de ce fait nous renforçons le nœud du problème.
  • Seul un examen diagnostique pluri et transdisciplinaire des apprentissages constitue une vraie approche compréhensive ET valable pour proposer d’éventuels conseils, remédiations, aides, à court, moyen et long terme. Seules des équipes composées par des professionnels formés au niveau supérieur, universitaire offrent ce service.
  • Un court article très constructif : https://centredereussitescolaire.be/2019/11/10/symptomes-et-difficultes-dapprentissage-scolaires/
  • Télécharger (page d’accueil) ce livre numérisé qui traite plus de 50 thèmes abordés par les parents en consultation depuis 40 ans : https://centredereussitescolaire.be

Comprendre et connaître un sujet de matière grâce à cette méthode éprouvée :

Élaborer soi-même un questionnaire

Comment faire ?

Face à un texte, avec ou sans illustrations :

  1. Je lis le premier paragraphe pour formuler par écrit les questions possibles dont la ou les réponses constituent l’essentiel du paragraphe.
  2. Je dis la réponse in texto (telle qu’écrite dans le texte), si possible, je me la représente mentalement, puis sans regarder, la récite.
  3. J’écris la question, pas la réponse, puisqu’elle se trouve dans le texte, mais en marge de celle-ci, je marque le numéro de sa question pour la retrouver facilement. Je dois pouvoir me mettre en situation d’interrogation sans aide sous les yeux, ne fût-ce qu’une seconde !
  4. Ensuite, je passe au paragraphe suivant et reproduis cette démarche.
  5. Pour revoir, il me suffit de m’interroger grâce à mon questionnaire, sans avoir relu, même si je n’ai plus vu cette matière depuis des semaines. L’important consiste à essayer de se souvenir.

Quelques avantages reconnus

  • Je lis directement dans un but précis.
  • Je suis amené à comprendre la matière.
  • Je peux immédiatement mémoriser la réponse sans l’écrire. Dans le texte, je mets le numéro de la question en face de sa réponse.
  • J’imagine les questions que mon professeur peut poser, je pratique l’anticipation et la décentration (activités métacognitives).
  • Je maîtrise la matière progressivement.
  • S’(auto)évaluer devient plus facile, mon questionnaire me simplifie la révision du cours. Il me suffit de m’interroger sans avoir relu (même si je pense avoir beaucoup oublié) pour ensuite vérifier et compléter ma mémoire.
  • Cette activité rend ma lecture plus efficace, elle la guide (cela facilite également la tâche des « mauvais lecteurs »).
  • Je prépare en même temps mes révisions.
  • Évidemment, cette démarche s’apprend. Les enfants (surtout en primaire et début secondaire) doivent dans un premier temps être accompagnés pour ce faire, mais ce sont eux qui lisent et tentent de construire les questions. Bien sûr au contrôle, le professeur peut en poser d’autres, ou même se montrer imprévisible, l’essentiel est que cette activité entraîne une lecture où l’apprenant agit sur la matière. Il prend le rôle du questionneur. Celui qui explique comprend, retient bien mieux le contenu explicité que celui qui l’écoute, ou le lit, sans plus.
  • Rappelons une fois de plus que l’évaluation sommative (et donc la plupart des bulletins) comme pratiquée dans nos écoles contrevient à l’élaboration d’une pédagogie collaborative .

Évitons d’accuser un élève d’incompétence sans avoir lu cet article : https://centredereussitescolaire.be/2019/03/03/soyons-justes-quand-nous-accusons-un-eleve-dincompetence/

Le filet de sécurité familial constitue le 1er soutien de l’élève, ainsi que la 1ère ressource et le 1er indicateur de sa réussite scolaire. Si un parent s’inquiète à propos de la scolarité de son enfant, du bonheur qu’il y trouve, notre expérience montre qu’il (souvent la maman, de plus en plus les grands-parents) a de bonnes raisons pour s’en faire et qu’alors, une consultation apporte en général des réponses adéquates.

Le Centre de Réussite Scolaire par sa grande indépendance, son type de consultation pluri et transdisciplinaire, et ses 39 ans d’expérience s’avère idéalement placé pour vous informer de ce qui favorise ou défavorise la réussite scolaire, le bonheur d’apprendre des élèves des plus petits aux plus grands.